Coronavirus en Angleterre et Pays de Galles

Le Ministère de la justice d’Angleterre et Pays de Galles Europea indiqué dès le début de la pandémie que son objectif était de protéger au mieux le personnel (actuellement réduit d’environ 25%) et les personnes dont il a la charge, ainsi que « le grand nombre de prestataires hautement appréciés qui travaillent avec nous » (ce qui désigne très largement les bénévoles).

Photo : Matthew Ansley, Unsplash

L’administration pénitentiaire britannique travaille d’ailleurs très étroitement depuis les premiers jours de l’épidémie, avec CLINKS (voir le site), qui fédère plus de 1700 associations de diverses tailles, actives auprès des personnes sous main de justice et leurs familles.

Le gouvernement a prévu une somme de £750m à la disposition des associations de ce secteur de bénévolat pour leur permettre de fonctionner pendant la pandémie.

En prenant en compte les préconisations des autorités de santé, le Ministère de la Justice a autorisé la libération -au moins provisoire- sous bracelet électronique, au cas par cas, de personnes arrivées à deux mois de leur fin de peine, de femmes enceintes, et de mères des unités mère-enfant.

Toutes ces personnes -au nombre, en principe, d’environ 4000- doivent bien sûr représenter un risque très faible pour la société, avoir un logement, pouvoir bénéficier d’un soutien médical et ne présenter aucun symptôme du covid-19.

Elles devront rester chez elles, et retourneraient en détention à la moindre infraction aux règles.

Le Ministère de la Justice a essayé d’accélérer les audiences pour les personnes en détention préventive, de façon à réduire la population carcérale.

L’encellulement individuel est en phase de développement, et le Ministère a par ailleurs cherché des sites appartenant au domaine public et pouvant servir à désengorger les prisons et mieux isoler les personnes -notamment les plus vulnérables.

Des dossiers ont été distribués aux personnes détenues, avec des conseils sur la façon de célébrer son culte en cellule, de faire du sport en cellule, de gérer l’anxiété.

Les familles et les personnes détenues peuvent communiquer par messages enregistrés sur un site qui existait déjà ; la famille s’inscrit pour un coût modeste, et la personne détenue peut écouter le message et y répondre pour le prix d’un appel vers un téléphone fixe -la moitié de celui d’un appel vers un portable. Ce service est très apprécié des enfants qui peuvent ainsi maintenir un contact régulier avec leur parent incarcéré. (On peut rappeler que le rapport commandé à Lord Farmer par le gouvernement en 2017, a montré que le maintien des liens familiaux réduisait de 39% le risque de récidive).

Dans 50 prisons sur les 117 d’Angleterre et du Pays de Galles, les cellules sont équipées d’un téléphone fixe ; dans 55 autres, le Ministère vient de faire distribuer -pour la durée de la pandémie- 900 téléphones portables attribués à des personnes ne présentant pas de risque particulier.

Ces téléphones sont contrôlés, limités dans leurs caractéristiques techniques, et dans le nombre de numéros autorisés -essentiellement la famille, et par exemple « les Samaritains », association qui apporte un soutien psychologique.

D’autres lignes téléphoniques dédiées apportent, comme en temps normal, une aide psychologique aux familles et aux personnes détenues.

Des contacts vidéos avec la famille ont été testés sur 6 sites pilotes.

Les familles peuvent envoyer des e-mails qui sont imprimés et distribués par le personnel, pour 40 pence le message (ce service existait aussi avant l’épidémie).

Les familles peuvent bien sûr écrire par le service postal.

Des voix se sont élevées pour critiquer la lenteur des libérations et leur faible nombre ; les critiques estiment par ailleurs que le nombre officiel de personnes détenues ou de membres du personnel atteints du virus est largement sous-estimé.

Il est vrai que les mises à jour par les services du Ministères sont assez rares. Les journalistes observent ce qui se passe à l’étranger et soulignent en particulier le nombre élevé de libérations anticipées en France en peu de temps.

Maryvonne de Vitton, visiteuse à Vannes et membre de la Commission Europe

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